Depuis plus d’un demi-millénaire, le Château de Fargues appartient à la même famille. Le domaine est entrée dans le patrimoine familial Lur Saluces en 1472. Il appartenait alors au cardinal Raymond Guilhem de Fargues, neveu du pape Clément V, qui ordonna d’édifier la forteresse en 1306.

Pierre de Lur épousa Isabelle de Montferrand, vicomtesse d’Uza et Dame e Fargues en 1472. Et c’est par un autre mariage, celui qui unit Jean de Lur à Catherine-Charlotte de Saluces, que le nom de Lur-Saluces apparaît pour la première fois. Leur fils, le marquis Honoré de Lur Saluces entreprend au XVII siècle les grandes transformations de la forteresse : il s’agit alors d’agrandir le château pour y loger tous les habitants et d’en édifier les fortifications.

Dans la nuit du 24 au 25 mai 1687, un terrible incendie ravage l’édifice, amplifié par un vent épouvantable qui attise de plus en plus le feu.  Tout fit consumé, entrainant la ruine totale du seigneur. Un inventaire de 1727 indique que des réparations avaient été réalisées. 

Dans la seconde moitié du XVIII siècle et le début du XIX le château de Fargues n’est plus qu’une possession parmi d’autres pour la famille qui possède aussi le château de malle (1702), où elle réside, ceux d’Yquem (1785), de Filhot et Coutet (1807). Il est laissé à l’abandon ; des parties ayant résistant à l’incendie s’écroulent. Le domaine devenu une ferme de polyculture, assure les aliments courants et ne présente guère d’intérêt pour la famille. 

La renaissance vient de Bertant de Lur-Saluces(1888 – 1968) : en 1920, conscient de la qualité du sol, terre graveleuse sur un sous-sol argilo-calcaire, il porte un œil nouveau sur le domaine. Il privilégie la plantation de 15 hectares de cépages sémillon et sauvignon, caractéristique du vin de Sauternes. En même temps, il entreprend quelques travaux de restauration. C’est à lui que revient que revient la raison d’être du domaine de nos jours. 

A sa disparition, son neveu, Alexandre de Lur-Saluces, s’attache notamment à la renaissance de Fargues et, grâce à de nombreux travaux entre 2000 et 2015, il parvient à redonner à la forteresse une partie de sa splendeur passée. Depuis, elle accueille régulièrement des manifestations, tant culturelles que scientifiques. L’édifice a été inscrit au titre des Monuments Historiques le 11 décembre 2007.

Alain MIOT

Courrier de Gironde