MILLÉSIME 2018

PROFIL DU MILLÉSIME

2014: Une année de toutes les peurs pour le vigneron, sauvée par une arrière-saison exceptionnellement chaude. François Amirault Responsable de Production Château de Fargues

L’hiver est très doux – pas une seule gelée – et très arrosé : près de 500 mm entre novembre et février. Les tempêtes et grandes marées ravagent le littoral, la Garonne sort de son lit le 26 janvier. Après les traditionnelles giboulées de mars, la vigne débourre dès le 20 mars. Mais les nuits froides de la fin avril vont faire avorter quelques grappes qui se transforment en filerons. Mai alterne fraîcheur et orages, la floraison débute le 25 entre averses et éclaircies. La pleine fleur début juin est suivie d’un temps estival à tendance orageuse. La vigne pousse vite, serait-on parti pour une année précoce ? Non point, l’été n’est pas de la partie. Pour commencer quelques grains vont échauder avec les chaleurs extrêmes des 16 et 17 juillet. Les 104 mm de pluies du mois et surtout l’orage de grêle du 25 font des ravages. Puis froideur et humidité en août nous font désespérer de voir les raisins mûrir convenablement. Et si nous avons bien échappé au mildiou durant cette campagne, un autre ravageur nous envahit à la mi-août : les drosophiles, ces petites mouches vectrices de pourriture aigre. Les espoirs de bonne récolte, après deux ans de disette, s’amenuisent au fil des jours.

LES VENDANGES

Avec 27,4°C de moyenne des maximales et sans une goutte d’eau, septembre permet au raisin de murir enfin parfaitement et de stopper la prolifération des drosophiles. Une première trie de nettoyage fastidieuse mi-septembre permet d’éliminer les pourris aigres pour une maigre récolte de quelques barriques. Après des pluies salutaires du 6 au 16 octobre combinées à une température supérieure de 4° aux normales, la pourriture noble se propage à la vitesse de l’éclair. Les belles journées ensoleillées, chaudes et ventilées par des petites brises de Sud à Sud-Est sont idéales pour la cueillette. Les tries s’enchainent du 20 au 30 octobre sans discontinuer. La récolte est maigre en quantité mais les moûts embaument magnifiquement le chai de leurs effluves fruités.

Après l’élimination de plus de la moitié des grappes de raisins victimes de pourriture aigre, ce sont à peine 5 hl/ha qui seront ainsi mis en barriques sous 40% de bois neuf. En octobre, la pourriture noble a trouvé des conditions idéales de développement et d’activité. Les raisins ayant gardé à maturité un très joli potentiel d’acidité, le botrytis a ainsi produit des saveurs très pures et particulièrement fraîches. Derrière cette grande complexité aromatique, on retrouve dans cette récolte d’à peine cinquante barriques, toute la tension et le fruité vif et frais qui caractérisent si bien tous les millésimes les plus élégants de château de Fargues.

Notes et critiques dégustation

(95-98)
Offers a lovely feel, with creamed peach, apricot and ginger notes, laced with almond and heather accents, leading to a long finish of hazelnut and singed orange. Extremely backward right now, but exhibits amazing depth and length already.
James Molesworth – Wine Spectator – 27/03/2015

En primeur tasting note. 2014 Château de Fargues is tremendously fresh both on the nose and palate. The first impression on the nose is of just-pressed apples, apple and pear compote, poached pear, and a lovely hint of greengage. The bouquet goes on to reveal subtle floral overtones evocative of lily of the valley, accompanied by a whiff of sea breeze. As usual with young vintages of Château de Fargues, there is also a resinous component. The wine is quite full-bodied and very intense on the palate, with freshness that follows through from the bouquet. There are charming citrus zest nuances, especially bitter-sweet grapefruit zest, as well as fresh acidity reminiscent of rhubarb, pineapple, and preserved lemon, as well as the sweetness of juicy ripe yellow peaches. These are also surprisingly smooth, delicate hints of recently-picked white flowers such as jasmine. Little by little, apricot savours assert themselves in the context of a perfect balance between sugar and acidity. A hugely aromatic wine with incomparable concentration and tension.

François Amirault, Responsable de Production Château de Fargues – 20/03/2015

Dégustation d’un lot en primeur. Le 2014 se caractérise par une grande fraîcheur tant au nez qu’en bouche. Le nez attaque sur la pomme pressée, la compote pomme-poire, la poire pochée, suivies par une jolie touche de prune Reine Claude. A cette gamme fruitée s’associent des notes fleuries fraîches et subtiles qui rappellent le muguet, le tout enveloppé dans une très grande fraîcheur marine. On retrouve également comme à l’habitude, la signature résineuse des jeunes millésimes de Fargues. La bouche, de large amplitude et de grande densité, s’en va toute en fraîcheur, tout comme le nez. On est de suite charmé par les zestes d’agrumes et plus particulièrement par la douce amertume du zeste de pamplemousse. On y trouve mêlées, la fraîcheur et l’acidité de la rhubarbe, de l’ananas, du citron confit mais aussi la douceur de la pêche jaune et juteuse. Plus étonnantes, les notes de fleurs blanches suaves et délicates nous rappellent le jasmin fraîchement cueilli. Puis peu à peu, l’abricot frais vient s’affirmer dans ce parfait équilibre entre sucrosité et acidité. Un vin d’une grande puissance aromatique, d’une densité et tension incomparables.

François Amirault, Responsable de Production Château de Fargues – 20/03/2015

(95)
Intense pineapple and honeycomb on the nose with loads of marmalade botrytis. Rich but suave in the typical Lur Saluces style, with caramel apple and grilled mango flavours finishing long and thick. Not overly sweet thanks to searing acidity.
Ian D ‘Agata (Decanter) – 06/2015