MILLÉSIME 2017

PROFIL DU MILLÉSIME

LES VENDANGES

Epargné par le gel, mais pas par la « pourriture acide » !!!

Après les froidures de janvier, l’hiver avance dans la douceur avec quelques bonnes pluies. Mais celles-ci ne sont pas suffisantes pour combler le déficit hydrique de l’automne précédent, et ce sera le cas tout le long de l’année. Avec un ensoleillement record en avril, la vigne pousse très rapidement pour atteindre le stade boutons floraux dès la fin de mois. Les 20, 27 et 28 avril les températures matinales chutent brutalement et le vignoble de Fargues échappe de justesse au gel.
Mai bien ensoleillé et chaud, favorise une floraison rapide, en 4-5 jours à la fin du mois. Juin poursuit sur la lancée avec un jour sur deux au-dessus de 30° de température maximale. Nous sommes proches des conditions de précocité connues en 2010 ou 2011 ou même 2003. La centaine de millimètres d’eau tombée en fin de mois sera d’un bon renfort pour passer ensuite deux mois d’été au régime sec. Le plus souvent couvert mais très chaud quand le soleil parait, juillet voit les premiers grains de sauvignon pointés à 9-10 degrés en fin de mois. Sécheresse et chaleur en août, avec une petite séquence caniculaire en dernière décade, nous laissent espérer une récolte rapide au tout début septembre. Comme en 2011 ou 2003 ?…

Patatras, septembre est frais, constamment humide, en régime d’Ouest ; la maturation précoce ralentit. La pourriture s’installe peu à peu, mais il n’est pas possible de déclencher une trie sans de réelles conditions séchantes. La chaleur revient en fin de mois, et ce sont maintenant les drosophiles qui piquent les grappes Les foyers de pourriture acide se multiplient à la vitesse de l’éclair.
Le 26 septembre, la trie est lancée. Il faut sauver cette première génération de pourris nobles et éliminer toutes les attaques de pourriture acide soit plus de 50% de la vendange jetée.
Un petit coup de froid les 7 et 8 octobre aseptise le vignoble. Maintenant, les belles après-midi succèdent aux matinées brumeuses. Un cas d’école, tout redevient facile. Nous pouvons désormais cueillir les grains à mesure de leur concentration. Le vendredi 13, dernier coup de collier, la récolte est finie, seulement 18 jours après le premier coup de ciseau.
Epargnée par le gel, activée par des températures maximales supérieures aux normales de 2 degrés sur toute la saison végétative, la récolte s’annonçait très précoce et abondante. Septembre maussade et la pourriture acide en ont décidé autrement pour un volume qui finalement restera en deçà des 18.000 bouteilles.
Vinifié et élevé moitié en barriques neuves, le vin révèle fleurs et fruits frais, citron, pamplemousse, puis miel, vanille, fruits cuits et notes d’oranges. Son équilibre de saveurs fruitées, gourmandes et fraiches à la fois, nous rappelle la suavité des Fargues 2010, mais aussi la profondeur et l’énergie des 2015 : une structure soyeuse et délicate, parfaitement mise en relief par l’aimable vivacité qui caractérise le cru.

François Amirault /Mars 2018

Notes et critiques dégustation