« Jam tanit effectos extremus vinitor antes ».
Alexandre de Lur Saluces est ce vigneron virgilien qui chante, campé au bout de ses plants, tous ses longs travaux accomplis. Il peut être fier de sa tâche à laquelle il s’est identifié. Le résultat est là Yquem et Fargues, le premier vin du monde, « le soleil en bouteilles » et, comme l’écrit Frédéric Dard, le nectar des dieux. Et les dieux sont ces humains, trop heureux privilégies qui, dans leur vie, auront eu la divine chance de contempler, de humer, de savourer ce liquide d’or, si long en bouche que toutes les notes les plus étincelantes aux accords les plus subtils d’une variété presque infime et qui loue avec les années révèlent les mystères d’une création ou l’explication la plus savante ne suffit plus Les écrivains nombreux, jusqu’au philosophe Michel Onfray, parlent, une fois la gorgée bue, tous ou peu s’en faut, de méditation. Et, de fait, c’est la plus natuielle attitude Ies sens ici ouvrent I’esprit qui s attarde dans l’émerveillement d’une contemplation aussi profondément intime que prodigieusement objective. Et il est des gens pour vouloir en finir avec le Sauternes. Et des goujats prétendent faire passer un train à grande vitesse au milieu de ces vignobles exceptionnels et bouleverser I’écologie et le climat si singulier que la petite rivière du Ciron a aménagé comme exprès pour mieux élaborer son prestigieux produit. Alexandre de Lur Saluces se bat ; il mène sa lutte en honnête homme Issu des plus vieilles lignées d’Europe et de France, qui ont donne des générations d’officiers au service du plus beau royaume qui soit sous le ciel, il sait ce a quoi l’honneur l’engage. Et il connaît. Le sauternais, c’est cinq siècles de Lur Saluces. Yquem, c’est une aïeule qui l’amena dans le patrimoine familial et Fargues, avec sa vieille forteresse du XIVe siècle, ruinée par un incendie et aujourd’hui en partie restaurée par les soins de son propriétaire, est une des anciennes seigneuries que l’énergie des Lur Saluces, au cours du siecle écoulé, a relevé Le domaine s’enveloppe d’un charme féerique il suffit de regarder les superbes photographies de l’ouvrage Alexandre de Lur Saluces s’explique. La plus naturelle noblesse se lit dans ces pages qui racontent l’incroyable ténacité de l’homme et de sa race, «l’entêtement », dit-il. II est un bender et il transmettra
C’est Ie sens de sa longue et belle vie. Tous les gens qui le connaissent saluent le chef d’entreprise, l’homme de goût, le soldat, le catholique social qui a le sens de la vie de société. Natacha Polony le souligne dans la préface du livre et Jean-Paul Kauffmann dans la postface évoque la fascination qu’exerce une si raffinée personnalité. Politique magazine se flatte de compter Alexandre de Lur Saluces parmi ses amis.

HILAIRE DE CREMIERS